KELEK ou la famille GORGERAT

Où l'on échange sur les montres suisses

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ChP
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KELEK ou la famille GORGERAT

Message par ChP » 30 nov. 2016, 14:19

KELEK, (Palindrome, c’est-à-dire que ce mot peut se lire dans les deux sens)

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bien que l'on voit apparaître sur les dépliants et publicités la date de 1896,
la société KELEK fût créée en 1960 : KELEK SA ou Société jean-Raoul GORGERAT-KELEK SA.

Il fut aussi à la Tête De GHC (1956) et G.H.C. (1976) GORGERAT Horlogerie Cie

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la marque est représentée également par le symbole d'un sablier schématisé
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L'Histoire nous apprend que les débuts horlogers de cette société remonte à 1896 - La Chaux-de-fonds et le Fondateur Ernest GORGERAT.

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E. GORGERAT se dirige assez rapidement vers l'étranger,

Ses premiers clients à LONDRES puis d'importantes relations avec le JAPON et une maison connue HATTORI (SEIKOSHA et un peu plus tard SEIKO).

le fils Raoul rentre dans l'entreprise en 1905 et fera quelques stages en Angleterre et en Allemagne avant la grande guerre.

Jean-Raoul qui prendra l'entreprise en 1953, raconte qu'entre 1914 et 1918, l'entreprise horlogère de son Grand-Père et de son Père fabriquera un millier de mouvements et montres par mois, dont un nombre assez important de complications (répétitions : montres pour mutilés de guerre etc...)

L'entreprise s'adaptera à tous les chambardements de l'horlogerie Suisse de l'entre-deux-guerres (l'arrivée de la montre bracelet, des chronographes, la régression des exportations horlogères en 1921, la création d'un Trust des ébauches et l'homologation en 1927, la création en 1931 de l'ASUAG société générale de l'horlogerie Suisse).

1939-1945 on peut considérer que la course à l'armement favorisera quelque peu la poursuite des affaires grâce aux besoins des bélligérants.

la société GORGERAT continuera à travailler avec son client Japonais.

Après 1945, reconversions à la chaîne.

Jean-Raoul GORGERAT, licencié en sciences économiques et commerciales, reprend les rênes de l'entreprise en 1953
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1959 - malgré les réticences de ses techniciens, une chaîne de remontage pour la fabrication de mouvements est installée, avec la collaboration de la Fabrique d'ébauches de Fontaimelon.
création en 1960 de KELEK

J. R. GORGERAT prendra la tête d'une "DISSIDENCE" contre le contrôle des prix pratiqué par les agents de la FIDHOR/FH, et créera une structure de production commune sous le nom de SAGITER.
mot composé de la première lettre des sept raisons sociales suivantes:
Sandoz Aetos Gorgerat Invicta Technos Eska Rado

opposée au statut ETAT/FH et au prix barrages en vue d'amener des prix compétitifs et réellement industriels.

années 70
Chrono Sandoz KELEK
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En 1970, l'entreprise est confiée à Gabriel FEUVRIER rentré en 1969.

Celui-ci travaillera d'emblée avec la société DUBOIS-DEPRAZ.
ceci permettra des développements importants de mécanismes compliqués


dans les années 90 KELEK est l'un des plus importants fabricants helvétiques de chronographes mécaniques automatiques.

Quelques références de calibres
Cal 88 VX -
Cal 10 000 - Cal 10371 - 10520 - 10310
Cal DK 75 U - 76 - 78 - 79 - 81 - 87
Cal 2700 - 5100 - 5200 - 5300 - 5500 - 5600
Cal 7750 - 7758
Cal 130 - 150 - 151 153

Et bien d'autres...


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Calibre 2152 24 de 1989
Montre bracelet automatique, calendrier perpétuel,
date jour, 52 semaines, mois, année, millésime, saisons, 24 heures
phases lunaires, 6 correcteurs, Or 18 carats.

Une montre usuelle comporte environ 95 pièces

- Une grande Complication Bracelet KELEK : 920 pièces
- Une Grande Complication de Poche : 1340 pièces constitutives

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affiche 13 fonctions

Mais un de mes préférés, par son cadran
- 2 versions :
Image1376 à affichage digital,

Image1369 à affichage classique, chrono NIVADA

1973 KELEK, calibre TDBK 1376
- présentation à Bâle en 1973
- partie auto réalisée par Brac
- partie chrono réalisée par Dubois Dépraz pour Kelek
- conception modulaire

- le plus petit chrono auto à l'époque

- commercialisation par Ténor & Dorly et Kelek. En fait elle sera rapidement élargie à d'autres marques comme Minerva (et oui...), Précimax, bien d’autres ou Whaltam (qui était devenu suisse à cette époque).

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- 23000 calibres produits, ce n'est donc pas à franchement parler une rareté
- fiabilité médiocre à cause d'une partie auto très moyenne.

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pub 1970

La Montre du « Centenaire »
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Pub 1993

aMi :super: calement
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Re: KELEK ou la famille GORGERAT

Message par Amphibia » 30 nov. 2016, 17:03

Très intéressant merci !
Je ne connaissais pas.
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saabreit
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Re: KELEK ou la famille GORGERAT

Message par saabreit » 02 févr. 2017, 19:15

Encore un historique superbement documenté tu as le secret !
J' ai le souvenir du bâtiment Kelek, je n' étais pas encore tombé dans la potion magique à cette époque pré GPS , mais c 'était un des points de repère qui figurait sur l' itinéraire envoyé par un fournisseur de machines automatiques d' assemblage chez qui je me rendais régulièrement vers 1995-96.
La suite de l' histoire Kelek , c 'est que vers 2000 , je crois, la société juste centenaire a été rachetée et rebaptisée Breitling Chronométrie .
La collaboration préexistait, je crois que c 'est au catalogue de 1992 que sont apparus les Navitimer et Astromat à complication 1461 jours et Calendrier Perpétuel .

Comme toi j' ai une affection particulière pour le chrono rectangulaire à l' implantation originale , en version TDB-K 1369 .
Décliné sous de nombreuses marques , j' ai un Kelek et un Reglex , et j'en ai vu passer sur eBay sous les noms Gorgerat, Nivada, Precimax, Iaxa, Mikado, Sevan, Waltham, Minerva ... Il y a eu des boîtiers en inox, en laiton chromé et en plaqué or , avec des dispersions de cotes impressionnantes , comme le montre ma seconde photo . Avec le boitier épais, le cadran se trouve enfoncé de 3mm au lieu de 1mm par rapport au réhaut tachymètre , résultat esthétique pas terrible d' autant que la marche entre les deux était en métal brut . Pour les fournitures, j' avais trouvé un contact qui avait du stock courant mais c' est préférable de garder un mouvement donneur en réserve. Reste le problème du cristal spécifique , probablement injecté dans une matière très fragile qui se fend au moindre choc , et introuvable . Je retenterai ma chance la semaine prochaine,à l' occasion d' une visite chez Marchand ?
Pour le TDB-K 1369, mon horloger fan d' Omega n' a pas du tout aimé travailler sur ce mouvement dont le module automatique est le point faible . A la qualité près, sa conception modulaire préfigure celle de la famille ETA2892.
Désolé, je ne sais pas comment retourner l' image qui s' est chargée à l' envers
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